La protection sociale par grand risque
Triée du plus grand au plus petit. La couleur reprend le circuit qui paie principalement. Les montants par risque sont arrondis (DREES) ; leur addition ne correspond donc pas exactement au total officiel de 932,5 Md€.
- 01Vieillesse - survie (comptes DREES) (estimé, 2024)426,7 Md€45,8 %
Risque « vieillesse-survie » des comptes de la protection sociale DREES 2024 (426,7 Md€) : retraites, réversion et assimilés. Ce n'est pas le même périmètre que les « retraites tous régimes » (370 Md€, 2023) plus bas.
- 02Santé (2024)338,9 Md€36,3 %
Prestations du risque santé (DREES 2024) : financées principalement par les régimes d'assurances sociales, mais aussi par d'autres financeurs (État, complémentaires, ménages). Ce n'est pas une dépense exclusive de la branche Maladie.
- 03Famille (estimé, 2024)65,8 Md€7,1 %
Allocations familiales, aides à la garde d'enfants, action sociale des CAF (65,8 Md€, DREES 2024).
- 04Emploi (estimé, 2024)51,1 Md€5,5 %
Allocations chômage et dispositifs de retour à l'emploi (51,1 Md€, DREES 2024) — surtout l'UNEDIC, organisme paritaire distinct de l'État et de la Sécu.
- 05Pauvreté - exclusion sociale (estimé, 2024)34,0 Md€3,6 %
RSA (départements), prime d'activité et AAH (État) — le filet de sécurité le plus bas du système, partagé entre plusieurs circuits.
- 06Logement (estimé, 2024)16,1 Md€1,7 %
Aides personnelles au logement (APL et assimilées), 16,1 Md€ DREES 2024, financées par le budget de l'État.
Source : DREES, "La protection sociale en France et en Europe en 2024"
Les catégories de risques et le total des prestations ne doivent pas nécessairement être additionnés ou rapprochés sans tenir compte des conventions statistiques de la DREES.
Les prestations que vous connaissez
Et le circuit qui les paie réellement — souvent surprenant.
Prestations retraite 2023 (DREES), périmètre retraite tous régimes — pas le risque DREES « vieillesse-survie » (426,7 Md€, 2024) ci-dessus. Le régime général (Sécu, branche Vieillesse) ne finance qu'une partie du total : la fonction publique d'État a son propre régime, les collectivités ont la CNRACL, et les complémentaires (AGIRC-ARRCO) forment un circuit paritaire à part.
- Régime général (Sécu, branche Vieillesse)160,9 Md€
- Fonction publique d'État (régime spécifique)62,9 Md€
- CNRACL (fonction publique territoriale/hospitalière)27,5 Md€
- AGIRC-ARRCO (complémentaires, paritaire)90,0 Md€
Compétence décentralisée depuis 2009 : ce sont les départements qui paient, pas l'État ni la Sécu (la CAF ne fait que verser l'argent en leur nom). Exception : 6 territoires où l'État a recentralisé le RSA depuis 2019-2023 (Guyane, Mayotte, La Réunion, Seine-Saint-Denis, Pyrénées-Orientales, Ariège), pour environ 1,7 Md€ compris dans ce total.
Contrairement à une idée reçue, ce n'est pas la Sécu qui la finance : c'est le budget de l'État (mission «Solidarité, insertion et égalité des chances», programme 304), même si la CAF s'occupe du versement.
Financée par le budget de l'État (même mission que la prime d'activité, programme 157 «Handicap et dépendance»), pas par la Sécu.
Financées par la Sécu, branche Famille (CNAF) — cotisations, CSG et impôts affectés. À ne pas confondre avec l'AAH ou la prime d'activité, souvent versées par le même guichet (CAF) mais budgétairement financées par l'État.
Financée par le Fonds de Solidarité Vieillesse (FSV) — une structure distincte de la branche Vieillesse de la Sécu, dédiée aux dépenses non contributives (minimum vieillesse, validation de trimestres pour chômage ou maladie).
Financées par l'UNEDIC, un organisme paritaire (patronat/syndicats) entièrement séparé de l'État et de la Sécu, alimenté par les cotisations d'assurance chômage. Dette de l'UNEDIC fin 2024 : 58,4 Md€.