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Attal promet l’électricité à 50 euros aux industriels. Qui prend le risque ?

Tous les articles · Aymeric Fraincart · · 3 min de lecture

En bref

Gabriel Attal propose un prix de l’électricité autour de 50 euros par MWh pendant dix ans pour certains industriels.

Cette stabilité peut faciliter les investissements et l’électrification.

Le programme doit préciser si le plafond couvre l’énergie seule ou toute la facture.

La CRE évalue le coût complet du nucléaire historique à 60,3 euros par MWh pour 2026-2028.

Garantir un prix inférieur suppose de répartir un risque entre EDF, l’État et d’autres acteurs.

Le soutien doit être relié à des investissements et à des réductions d’émissions vérifiables.

Illustration éditoriale horizontale d’une usine électrifiée reliée à un réseau et à des moyens de production bas-carbone, sans texte ni logo
Illustration éditoriale horizontale d’une usine électrifiée reliée à un réseau et à des moyens de production bas-carbone, sans texte ni logo

Un prix stable sur dix ans peut aider une usine à investir et à remplacer les énergies fossiles. Mais garantir 50 euros par MWh suppose de préciser la facture couverte, les volumes et celui qui paiera si le coût dépasse ce plafond.

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Une usine qui veut investir a besoin de savoir combien lui coûtera son énergie. Pas seulement demain. Pendant plusieurs années.

Gabriel Attal propose de garantir aux industriels une électricité à environ 50 euros par MWh pendant dix ans, en échange d’engagements de décarbonation et d’électrification. La mesure figure dans le document économique et climatique de Renaissance, publié en juillet 2025 puis remis en avant pour 2027.

L’idée répond à un besoin réel. Dans l’aluminium, le verre, l’acier ou la chimie, le prix de l’électricité peut peser lourd dans la décision d’investir. Même un prix moyen compétitif n’aide pas suffisamment si l’entreprise craint une forte hausse au mauvais moment.

Un contrat de long terme peut réduire cette incertitude. Il peut aussi rendre plus intéressant le remplacement du gaz, du charbon ou du pétrole.

Mais les 50 euros couvrent quoi ?

L’énergie n’est qu’une partie de la facture. Il faut aussi payer le réseau, les taxes, la commercialisation et différents coûts de fonctionnement du système électrique. En 2026, l’accise de droit commun des entreprises atteint 26,58 euros par MWh, selon la CRE, avec des taux réduits ou des exonérations pour certains industriels.

Garantir 50 euros pour l’énergie seule et garantir 50 euros tout compris ne sont donc pas le même engagement.

Il faut ensuite regarder ce que coûte la production. La CRE estime le coût complet du nucléaire historique à 60,3 euros par MWh en euros 2026 pour 2026-2028, puis 63,4 euros pour 2029-2031.

Si l’électricité doit être vendue durablement moins cher que son coût complet, quelqu’un supporte l’écart. EDF peut réduire sa marge, l’État peut compenser ou le dispositif peut répartir les gains et les pertes entre plusieurs acteurs.

On ne fait pas disparaître ce risque en fixant un prix. On le déplace de l’industriel vers le garant.

La France possède pourtant un avantage électrique réel. En 2025, le prix spot moyen était de 61 euros par MWh, la production de 547,5 TWh et la valorisation nette des exportations de 5,4 milliards d’euros, selon RTE.

Mais une indisponibilité nucléaire, une sécheresse ou une tension sur le gaz peut modifier les conditions. Un prix moyen observé en 2025 n’est pas une garantie pour dix années supplémentaires.

L’électrification peut aussi réduire notre dépendance aux combustibles fossiles. Selon le SDES, la facture énergétique extérieure restait de 45,8 milliards d’euros en 2025, malgré un taux d’indépendance énergétique de 62,7 %.

Cela donne une raison de soutenir la transformation industrielle. Encore faut-il que le tarif préférentiel finance un changement réel : des équipements nouveaux, des combustibles remplacés, des émissions évitées. Sinon, on peut subventionner une consommation qui aurait eu lieu de toute façon.

Le contrat doit donc préciser les volumes couverts, les engagements des bénéficiaires et le partage des gains lorsque le marché descend sous 50 euros. Les aides publiques et les baisses d’impôts de production posent la même question : qu’obtient-on en échange ?

Un prix stable peut aider une usine à se transformer. Mais pour savoir ce que la promesse coûterait à EDF ou aux finances publiques, il manque encore le partage précis de la facture.

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