70 605 défaillances d’entreprises : que nous dit vraiment ce chiffre ?Les défaillances restent à un niveau très élevé en juillet 2026. Mais toutes les entreprises et tous les secteurs ne traversent pas la même crise. Le nombre de procédures ne mesure pas à lui seul le risque de fermer ni les emplois menacés.Banque de FranceInsee
Gabriel Attal propose des quotas votés tous les deux ans, après évaluation des besoins de recrutement. Le principe relie les admissions au travail disponible. Mais les difficultés dépendent aussi des salaires, du logement et des compétences locales.
Une entreprise cherche à recruter et ne trouve personne. Dans le même territoire, des personnes cherchent un emploi. Cela peut sembler contradictoire. Mais les compétences, le salaire, les horaires et le lieu du poste ne correspondent pas toujours.
Gabriel Attal propose de faire évaluer les besoins de main-d’œuvre par les partenaires sociaux, puis de faire voter tous les deux ans des quotas d’immigration par métier, secteur et origine géographique.
On comprend l’objectif : organiser les arrivées en fonction de besoins identifiés. Encore faut-il que le quota corresponde à la difficulté réelle de recrutement.
L’enquête de France Travail pour 2026 recense environ 2,275 millions de projets de recrutement. Les employeurs jugent 43,8 % d’entre eux difficiles. 32,2 % sont saisonniers.
Dans plusieurs métiers techniques, comme les couvreurs, les régleurs ou certains ouvriers de l’usinage, la part des recrutements difficiles dépasse 75 %. Ces tensions peuvent freiner l’activité.
Mais un poste vacant ne signifie pas toujours qu’aucune personne qualifiée n’existe. Le salaire peut être trop faible, les horaires incompatibles avec la vie familiale ou le logement trop cher à proximité.
Faire venir quelqu’un ne règle pas automatiquement ces difficultés. Il faut aussi qu’il puisse vivre là où il travaille.
Le chômage atteignait 8,3 % au deuxième trimestre 2026. Cela n’empêche pas certains métiers de manquer de candidats. Former un professionnel prend du temps, et changer de région suppose davantage qu’une offre sur un site de recrutement.
L’immigration professionnelle peut compléter la formation, l’apprentissage et l’amélioration des conditions de travail. La traiter comme la seule solution peut laisser ces dernières difficultés intactes. L’écarter par principe peut également empêcher des entreprises ou des services de fonctionner.
Les titres économiques ne représentent d’ailleurs qu’une partie des arrivées. Le ministère de l’Intérieur a compté environ 377 000 premiers titres de séjour en 2025, en données provisoires. Leur hausse de 9,2 % venait principalement des titres humanitaires, tandis que les premiers titres économiques reculaient de 12,6 %.
L’asile et la vie familiale ne se décident pas selon les seuls besoins des employeurs. Les citoyens européens relèvent, eux, de la libre circulation.
Les personnes déjà présentes constituent aussi un enjeu. Selon l’Insee, 8 millions d’immigrés vivaient en France en 2025, soit 11,6 % de la population. Une personne née étrangère à l’étranger reste comptée comme immigrée après sa naturalisation. Les immigrés représentaient 12 % de la population active en 2024, selon le ministère.
Reconnaître leurs diplômes et faciliter leur accès à l’emploi peut donc déjà répondre à une partie des besoins.
Le quota par origine ajoute une autre question. Un métier décrit une compétence recherchée. Un pays d’origine ne la garantit pas. Des accords bilatéraux peuvent organiser des recrutements, mais la sélection doit respecter les droits applicables et ne peut confondre nationalité et aptitude.
Enfin, les besoins changent avec les commandes et les départs à la retraite. Un vote national tous les deux ans risque d’être moins réactif qu’une difficulté locale.
La proposition peut donner un cadre politique. Pour qu’elle aide réellement à pourvoir des emplois, elle devra suivre les salaires proposés, les postes occupés et les conditions d’installation. Le nombre d’entrées ne dira pas, à lui seul, si les recrutements ont réussi.


















