« Qu'est-ce qui est faux ? » : Bardella interpellé par Mediapart, Le Pen intervientInterpellé par Mediapart lors de la conférence de presse du RN du 6 octobre, Jordan Bardella conteste les messages antisémites qui lui sont attribués. Marine Le Pen intervient à son tour, mais une de ses affirmations judiciaires est démentie par La Croix.Jordan BardellaMarine Le Pen
Les 16 milliards d’euros avancés dans le programme de Marine Le Pen en 2022 sont une estimation d’économies. Pour mesurer l’effet de l’immigration sur les comptes publics, il faut aussi compter les cotisations et les impôts versés.
Au débat du Medef du 27 août 2026, Marine Le Pen annonce 125 milliards d’euros d’économies. Dans son programme de 2022, elle attribuait déjà 16 milliards par an à sa politique de réduction de l’immigration.
Seize milliards, cela représente beaucoup d’argent. Mais que compte-t-on ?
Sa profession de foi de 2022 regroupe plusieurs mesures : restrictions de prestations, réduction de l’asile, transformation de l’aide médicale de l’État. Le chiffre correspond à des économies espérées grâce à ce programme.
Il ne correspond pas au coût net de l’immigration. Pour calculer ce dernier, il faut regarder les dépenses publiques et les recettes. Les deux.
La France a versé 932,5 milliards d’euros de prestations sociales en 2024, selon la Drees. Les 16 milliards annoncés représentent environ 1,72 % de cette somme. Cela donne une échelle, sans démontrer que l’économie serait réalisable.
L’aide médicale de l’État, souvent au centre de ce débat, a coûté 1,387 milliard d’euros en 2024, selon le Sénat. Rapporté au même total, c’est environ 1,50 euro pour 1 000 euros de prestations sociales.
Ce rapprochement sert à visualiser les montants. L’AME relève du budget de l’État et ne doit pas être confondue avec les comptes de la Sécurité sociale. Le programme d’intégration et d’accès à la nationalité, qui a dépensé 387 millions d’euros en 2024, constitue encore un autre périmètre. Notre page sur l’immigration les présente séparément.
Ces dépenses existent. Mais elles ne suffisent pas à décrire la contribution de millions de personnes.
Les immigrés perçoivent des prestations. En 2018, celles-ci représentaient 11,9 % de leur niveau de vie, contre 5,9 % pour les personnes non immigrées, d’après l’Insee.
Ils travaillent aussi. Ils achètent des produits soumis à la TVA, versent des cotisations et paient des impôts. Ne compter que les aides reçues revient à regarder ce qui sort du compte en oubliant ce qui y entre.
Le Conseil d’analyse économique présente des évaluations situant généralement l’effet net entre –0,5 % et +0,5 % du PIB. Cette fourchette dépend des méthodes et des populations étudiées. Elle ne garantit pas le même résultat chaque année, mais elle ne décrit pas non plus un coût massif évident.
L’âge, les qualifications et surtout l’accès à l’emploi changent le calcul.
Une personne qui trouve un travail apporte des cotisations et peut avoir moins besoin de certaines prestations. Apprendre le français, faire reconnaître ses diplômes ou accéder à un emploi ne relève donc pas seulement de l’intégration sociale. Cela compte aussi dans les finances publiques, comme dans le débat sur l’immigration de travail.
On peut défendre une immigration plus faible. Mais présenter ce choix comme une solution centrale au financement de la protection sociale demande une démonstration que la seule annonce de 16 milliards ne fournit pas.
Derrière le chiffre, il y a des personnes qui travaillent, consomment, vieillissent, ont parfois besoin d’aide. Les mêmes comptes publics enregistrent leurs dépenses et leurs contributions. Pour comprendre, on ne peut pas en effacer la moitié.


















