Opinion

Plein-emploi en 2027 : pourquoi la France s’éloigne de l’objectif

Tous les articles · Aymeric Fraincart · · 3 min de lecture

En bref

Le chômage atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026, contre 7,6 % un an avant.

L’Insee recense 2,677 millions de chômeurs.

Une partie de la hausse est liée aux évolutions d’activité et de recherche d’emploi des publics concernés par France Travail.

L’emploi privé recule aussi, avec 79 700 postes de moins sur un an.

Le chômage des jeunes actifs atteint 21,6 %.

Atteindre le plein-emploi suppose davantage de postes durables, pas seulement un changement de catégories administratives.

Une file de silhouettes devant un bâtiment de l’emploi avec un graphique sobre en arrière-plan, sans texte ni logo
Une file de silhouettes devant un bâtiment de l’emploi avec un graphique sobre en arrière-plan, sans texte ni logo

Le chômage atteint 8,3 % au deuxième trimestre 2026 et l’emploi privé recule. La réforme de France Travail explique une partie des mouvements statistiques, mais pas toute la dégradation. Les jeunes sont particulièrement touchés.

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Le plein-emploi en 2027, c’était l’objectif. Au deuxième trimestre 2026, le chômage atteint pourtant 8,3 %, contre 7,6 % un an plus tôt. L’Insee compte 2,677 millions de chômeurs, soit 261 000 de plus en un an.

La cible généralement associée au plein-emploi se situe autour de 5 %. Nous nous en éloignons.

Mais la hausse demande une explication, parce qu’elle ne vient pas entièrement de destructions d’emplois. L’Insee détaille les résultats du trimestre.

Le chômage au sens du Bureau international du travail concerne les personnes sans emploi, disponibles rapidement et en recherche active. Ce n’est pas simplement le nombre de dossiers enregistrés à France Travail.

Le taux augmente de 0,2 point sur le trimestre. L’estimation comporte une incertitude de l’ordre de 0,3 point : ce petit mouvement trimestriel reste donc à interpréter avec prudence. La hausse de 0,7 point sur un an et le recul du taux d’emploi dessinent une dégradation plus nette.

Le taux d’emploi des 15-64 ans descend à 69 %, en baisse de 0,3 point sur le trimestre. Cela signifie qu’une part plus faible de cette population occupe un emploi.

Les jeunes sont particulièrement concernés. Le chômage des 15-24 ans atteint 21,6 %, soit 2,5 points de plus en un an. Il s’agit des jeunes actifs, pas de tous les jeunes : une grande partie des étudiants n’entre pas dans ce calcul.

Leur taux d’emploi recule à 33,8 %. Le ralentissement de l’alternance contribue à cette évolution. Les aides avaient soutenu les recrutements ; leur réduction ou la baisse des contrats peut faire repartir les chiffres dans l’autre sens.

La réforme de France Travail joue aussi un rôle. Depuis 2025, davantage de bénéficiaires du RSA et de jeunes suivis en mission locale sont inscrits et accompagnés.

L’Insee estime que ces publics expliquent près de la moitié de la hausse cumulée du chômage sur six trimestres. Les bénéficiaires du RSA représentent environ 0,3 point sur une hausse totale d’un point depuis fin 2024.

L’inscription seule ne transforme pas automatiquement une personne en chômeur au sens du BIT. Mais les changements de recherche d’emploi et de participation au marché du travail peuvent faire passer des personnes jusque-là considérées comme inactives dans cette catégorie. Elles étaient déjà sans poste.

Cela explique une partie du mouvement. Pas tout.

L’emploi salarié privé recule de 19 300 postes au deuxième trimestre 2026, et de 79 700 sur un an, selon la Dares. L’intérim baisse également, de 1,4 % sur le trimestre.

On peut améliorer la formation, la mobilité, la santé ou la garde des enfants pour aider une personne à travailler. Mais il faut aussi des postes à pourvoir, donc de l’activité et des employeurs qui recrutent.

La qualité des contrats compte enfin. Au premier trimestre 2026, la Dares recense 6,578 millions d’embauches dans le privé hors agriculture, intérim et particuliers employeurs. 5,614 millions concernent des CDD et 964 300 des CDI. Ces flux comptent des contrats, pas autant de personnes différentes.

Enchaîner des contrats courts peut donner du travail sans apporter de stabilité. Le retour à l’emploi se mesure aussi au salaire, à la durée et au temps de travail disponible.

L’objectif garde un intérêt : davantage d’emplois apporte des revenus et des cotisations. Mais la trajectoire de 2026 s’en éloigne. Ce qui permettra de la juger, ce sera le nombre de personnes qui trouvent et conservent un emploi, au-delà des mouvements dans les fichiers administratifs.

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