Budget 2027 : le vote du RN qui a écarté la motion de rejet socialisteLe 13 octobre, 62 députés RN ont rejeté la motion socialiste contre le projet de budget 2027. Analyse du scrutin, de sa portée et des arguments avancés.Assemblée nationalePLF 2027
Philippe Brun propose de réduire la CSG sur une partie des salaires. Le gain pourrait arriver sans hausse du coût employeur. Mais il dépend du barème et des autres prestations, tandis que la protection sociale perdrait une recette à remplacer.
Recevoir davantage sur son compte sans que l’employeur ait à augmenter le salaire brut. C’est le principe du salaire Brun : réduire progressivement la CSG sur les rémunérations inférieures à 4 000 euros par mois.
La proposition de Philippe Brun, présentée en août 2026, agit sur un prélèvement. L’entreprise verse le même brut, mais la collectivité en retient moins. Pour le salarié, le net augmente.
Cela peut aller vite. Mais le montant gagné dépend encore d’un barème incomplet, et notamment d’une question qui change beaucoup de choses : les 4 000 euros sont-ils exprimés en brut ou en net ?
En 2024, le salaire net médian du privé était de 2 190 euros par mois en équivalent temps plein. La moitié des salariés se situait donc en dessous, l’autre au-dessus. Le salaire moyen atteignait 2 733 euros, selon l’Insee.
Un plafond de 4 000 euros nets couvrirait une très grande partie du salariat. Un plafond de 4 000 euros bruts en couvrirait moins.
L’envie de relever les revenus se comprend : en 2024, le salaire net moyen n’a gagné que 0,8 % en euros constants, retrouvant à peine son niveau de 2019. Une hausse en euros courants ne signifie pas toujours que l’on peut acheter davantage.
La CSG sur les salaires est normalement de 9,2 %, appliquée à 98,25 % du brut jusqu’à quatre plafonds annuels de la Sécurité sociale. La CRDS ajoute 0,5 %. Service-Public détaille ces règles.
Cette contribution finance notamment la maladie, la famille, l’autonomie et le Fonds de solidarité vieillesse. La réduire laisse donc moins d’argent à ces organismes, sauf compensation.
En 2025, un point de CSG affecté au régime général représentait 17,9 milliards d’euros, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Attention : ce montant comprend plusieurs revenus, pas seulement les salaires visés par la proposition. On ne peut pas l’utiliser directement pour en calculer le coût.
L’intérêt de la mesure est de soutenir le revenu sans augmenter immédiatement le coût de l’embauche. Cela peut aider dans des secteurs où les marges sont faibles.
Mais le financement change de place.
Philippe Brun défend par ailleurs le retour de l’ISF et une contribution accrue sur les grandes transmissions. Ces recettes pourraient participer à une redistribution du financement social. Encore faut-il connaître les taux, les bases taxées et les rendements.
Les comptes sociaux ne partent pas de l’équilibre : le déficit des régimes de base et du Fonds de solidarité vieillesse atteignait 21,6 milliards d’euros en 2025, selon la Sécurité sociale.
Il faut aussi éviter qu’une hausse de salaire fasse perdre brutalement l’allégement. Un seuil mal construit peut absorber une partie de l’augmentation que l’on vient d’obtenir.
Le gain final dépendra enfin de la prime d’activité, de l’impôt sur le revenu et des aides calculées selon les ressources. La CSG est individuelle ; l’impôt sur le revenu tient compte du foyer. Deux ménages avec le même revenu total peuvent donc être affectés différemment.
Le principe permet bien d’augmenter rapidement le net. Pour savoir combien chacun gagnerait et comment les soins ou les pensions resteraient financés, il manque encore le barème complet. La ligne qui diminue sur la fiche de paie correspond à une recette qui doit être retrouvée quelque part.

















