Dette française : 340 milliards d’euros à émettre en 2027, est-ce le début d’une crise ?La France prévoit 340 milliards d'euros d'émissions obligataires en 2027 et une charge de la dette de l'État à 72,9 milliards. Les marchés exigent une prime de risque croissante, sans que cela signifie une faillite imminente.Agence France TrésorBCE
Raphaël Glucksmann propose 10 % de hausse pour tous les enseignants, jusqu’à 25 % en milieu de carrière. Le besoin est documenté. Il reste à préciser la répartition et le financement.
Augmenter les enseignants de 10 %, et jusqu’à 25 % pour certains en milieu de carrière. C’est la proposition présentée par Raphaël Glucksmann le 30 août. Le coût annoncé : 6 milliards d’euros par an.
On comprend ce que la promesse peut représenter pour un professeur. Un salaire qui progresse, une reconnaissance du travail, peut-être moins de difficultés à se projeter dans le métier.
Mais que couvrent exactement ces 6 milliards ? Et qui bénéficierait des 25 % ?
Tous les enseignants ne recevraient pas la même hausse
Dans l’émission Franc-jeu, diffusée par France 2 et France Inter, le candidat de Place publique distingue une hausse de 10 % pour tous et un supplément ciblé, notamment pour les professeurs des écoles en milieu de carrière.
La séquence de France Inter présente cette architecture. Le Parisien rapporte l’estimation de 6 milliards.
Ce ciblage répond à un écart mesuré. Selon les données 2024 de l’OCDE, le salaire statutaire après quinze ans dans le primaire atteint 49 462 dollars en parité de pouvoir d’achat en France, contre 59 673 dollars en moyenne dans l’OCDE.
La parité de pouvoir d’achat permet de tenir compte des différences de prix entre pays. Ce ne sont donc pas des dollars que les enseignants français recevraient sur leur compte.
L’écart concerne aussi la progression au cours de la carrière, bien au-delà du salaire d’entrée.
Essayons de nous représenter le coût
La DEPP comptait 851 600 enseignants dans le public et le privé sous contrat en 2023-2024. Une autre publication de la DEPP donne un salaire moyen de 3 090 € nets par mois en 2024 pour les enseignants fonctionnaires ou assimilés.
En multipliant ces chiffres sur douze mois, on obtient environ 31,6 milliards d’euros nets. Une hausse uniforme de 10 % représenterait alors 3,2 milliards nets.
Il faudrait ajouter les cotisations employeur, les contributions aux pensions et la hausse supplémentaire destinée à certains enseignants. Une enveloppe de 6 milliards paraît donc possible.
Mais ce calcul mélange des périmètres et des millésimes légèrement différents. Il sert à situer l’annonce. Il ne permet pas de certifier son coût.
Pour cela, il faut une grille : quels personnels, quelles primes, combien de bénéficiaires à chaque taux, à quelle date ? Pour un enseignant, ces précisions déterminent ce qu’il pourrait réellement attendre.
Moins d’élèves, quelles possibilités ?
Raphaël Glucksmann veut également profiter de la baisse du nombre d’élèves pour réduire les effectifs par classe. La DEPP prévoit 1,68 million d’élèves en moins entre 2025 et 2035, dans le public et le privé sous contrat.
Garder des enseignants lorsque le nombre d’élèves diminue peut améliorer l’encadrement. Mais si l’on conserve les postes, on ne réalise pas l’économie liée à leur suppression. On ne peut pas compter cette même économie pour financer les salaires.
Et la baisse ne sera pas identique partout. Il faudra regarder les territoires, les niveaux scolaires et les besoins des établissements.
Ce qu’il reste à décider
Le rattrapage salarial peut contribuer à l’attractivité du métier. L’ampleur de l’écart en milieu de carrière donne une raison de s’y intéresser sérieusement.
Dans un budget déjà contraint, il faut cependant préciser la recette mobilisée ou les dépenses réorientées.
Les 6 milliards donnent une enveloppe de départ. La grille dira ce que les enseignants recevront. Le financement dira quel effort collectif nous choisissons de consacrer à l’école. C’est sur ces éléments que nous pourrons discuter de la proposition, au-delà du pourcentage annoncé.

















