Électricité industrielle à 50 €/MWh : la promesse d’Attal a besoin d’un payeurGabriel Attal propose un prix électrique proche de 50 euros par MWh pendant dix ans pour les industriels qui se décarbonent. La stabilité peut déclencher des investissements. Le plafond, inférieur au coût complet du nucléaire historique, exige un contrat, des critères et un financeur.Gabriel AttalRenaissance
Depuis le 1er septembre, l’aide privilégie les rénovations complètes et la sortie du gaz. Le choix est cohérent sur le plan énergétique, mais il ferme le guichet à des travaux isolés pourtant utiles.
Depuis le 1er septembre 2026, MaPrimeRénov’ ne subventionne plus la plupart des travaux isolés en métropole. Le Gouvernement assume un changement de doctrine : mieux vaut financer un chantier cohérent qu’une succession de gestes. Physiquement, l’idée se défend. Financièrement, elle exclut les ménages qui ne peuvent pas payer le chantier cohérent.
Le parcours simple devient très étroit
Le décret et les arrêtés du 25 août 2026 retirent du parcours « par geste » l’isolation, la ventilation, les chauffe-eau thermodynamiques, le chauffage au bois et plusieurs équipements solaires. La page officielle de Bercy ne maintient plus, en métropole, que quelques opérations : raccordement à un réseau de chaleur ou de froid, pompes à chaleur air-eau ou géothermiques, audit associé à des travaux et dépose d’une cuve à fioul.
Le parcours accompagné reste ouvert aux rénovations d’ampleur, mais avec une nouvelle condition pour les maisons individuelles : aucune aide si le chauffage au gaz est conservé après les travaux. Le chantier doit également faire gagner au moins deux classes énergétiques et inclure au moins deux gestes d’isolation, selon la fiche officielle mise à jour le 28 août.
Les logements F et G conservent l’accès au parcours par geste jusqu’au 31 décembre 2027. Cette prolongation paraît généreuse, mais la liste des gestes finançables a été fortement raccourcie. Garder la porte ouverte importe moins si l’on retire une grande partie des rayons derrière elle.
Le meilleur argument : éviter les rénovations qui verrouillent le gaz
Le Gouvernement veut réserver l’aide aux opérations qui réduisent réellement la dépendance fossile. Son plan d’électrification présenté le 23 avril 2026 rappelle que les énergies fossiles représentent encore plus du tiers de la consommation énergétique résidentielle. Une rénovation lourde qui conserve une chaudière au gaz diminue les besoins, mais maintient le ménage exposé au prix du combustible pendant la durée de vie de l’équipement.
Le principe est donc défendable : l’argent public ne doit pas seulement rendre une maison moins énergivore ; il doit éviter de financer une impasse technique. Une chaudière dure souvent bien plus longtemps qu’un débat budgétaire. La dépendance au gaz, elle, ne disparaît pas parce que le logement gagne deux lettres sur son DPE.
Cette logique rejoint une question déjà posée à propos des carburants : soulager la facture sans réduire la dépendance règle le mois prochain, pas la décennie suivante.
Le reste à charge devient le juge de paix
Le problème est l’échelle du chantier. Remplacer un équipement ou isoler une toiture demande moins de trésorerie qu’une rénovation combinant deux isolations, un nouveau chauffage, un audit et un accompagnement obligatoire. Même lorsqu’une subvention couvre une part importante de la dépense, le propriétaire doit financer le reste, organiser plusieurs entreprises et supporter le risque de retard.
La fiche Bercy sur le parcours par geste donne encore un exemple : pour un ménage modeste, une pompe à chaleur air-eau peut recevoir 4 000 euros d’aide en 2026, dans la limite de 12 000 euros de dépense éligible. Ce montant est un barème, pas une dépense garantie : la décision dépend des autorisations annuelles de l’Anah.
Le choix public concentre donc la prime sur moins de travaux, supposés plus efficaces. Il peut améliorer l’impact énergétique de chaque euro versé. Mais si les ménages sans capacité d’emprunt abandonnent leur projet, l’efficacité théorique par dossier s’accompagnera de moins de dossiers.
La conséquence politique est nette : MaPrimeRénov’ n’est plus principalement un coup de pouce pour améliorer progressivement son logement. Elle devient un outil de planification de la sortie des fossiles. C’est plus cohérent ; c’est aussi plus exigeant pour ceux qui doivent avancer l’argent.





