David Lisnard et le « droit au peuplement » : contrôler l’immigration ou choisir la population ?Sur CNews, David Lisnard a défendu un « droit au peuplement » après avoir ciblé l’immigration « arabo-musulmane ». Cette formule dépasse la seule maîtrise des flux : elle pose la question d’une sélection de la population selon l’origine et la religion supposées.CNewsDavid Lisnard
Critiquer la concentration des richesses est légitime. Manon Aubry qualifie les milliardaires de « nuisibles », cela pose une autre question : celle du passage de la critique économique à la stigmatisation.
On peut vouloir taxer les milliardaires. On peut contester leur influence sur les médias, leurs avantages fiscaux et la concentration du pouvoir économique. Aucun de ces débats n’exige de les qualifier de « nuisibles ».
Dans sa tribune du 31 août, Manon Aubry défend précisément l’expression « nuisibles à l’économie ». La précision compte : elle avance une critique économique. Mais attribuer une nuisance à toute une catégorie de personnes reste une généralisation. Une fortune ne suffit pas à démontrer les pratiques de son détenteur.
Est-ce comparable au racisme ? Pas sur le fond. Une position économique n’est pas une origine. Réduire une fortune par l’impôt n’équivaut pas à restreindre les droits d’une personne pour son ascendance. Et les milliardaires disposent de moyens considérables pour se défendre et peser sur le débat.
Mais cette différence ne donne pas un permis de mépriser. Le raccourci mérite d’être interrogé : quand une catégorie devient l’explication commode de nos malheurs, le slogan commence à remplacer la démonstration.
LFI peut défendre une fiscalité radicale avec des arguments précis : combien prélever, sur quelle assiette, avec quels effets ? Le mot « nuisible » ne répond à aucune de ces questions.
La justice sociale mérite mieux qu’un concours de désignation des coupables. Critiquer les puissants exige de la fermeté. Et suffisamment de rigueur pour expliquer ce qu’on leur reproche.
Pour prolonger : notre analyse de la logique du « eux et nous » dans le débat politique et notre article sur le racisme, la xénophobie et leur place dans les médias.
Aymeric Fraincart, assisté par IA.


















