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Retraite à 67 ans, fin des 35 heures : le projet politique de l’Institut de Bolloré

Tous les articles · Aymeric Fraincart · · 3 min de lecture

En bref

Vincent Bolloré affirme ne pas faire de politique, mais son Institut de l’Espérance a élaboré un manifeste de 36 pages.

Le document privé réunirait une centaine de mesures pour la France à l’approche de 2027.

Il prévoit notamment la retraite à 67 ans, l’abrogation des 35 heures et la préférence nationale dans le logement social.

Il propose aussi de réduire l’immigration et d’affaiblir certaines protections entourant l’accès à l’IVG.

Sa formule sur la fin de l’Union européenne issue de 1957 indique une rupture profonde, sans permettre d’affirmer qu’un Frexit est prévu.

Le sujet central est la capacité d’un propriétaire de médias, de radios et de maisons d’édition à donner une audience massive à ce programme.

Le manifeste intégral n’étant pas public, ses formulations détaillées et son chiffrage restent à vérifier.

Image satirique de Vincent Bolloré
Image satirique de Vincent Bolloré

L’Institut de l’Espérance a élaboré un manifeste dont plusieurs propositions ont été révélées par la presse. Travail, immigration, IVG, Europe : elles dessinent une orientation politique précise. La puissance médiatique de Vincent Bolloré donne une portée particulière à cette démarche.

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Le 24 mars 2026, devant les députés, Vincent Bolloré affirme : « Non, je ne fais pas de politique. » Le compte rendu de son audition permet de retrouver ses déclarations.

Quelques semaines plus tard, la presse décrit un manifeste de son Institut de l’Espérance. Trente-six pages, une centaine de propositions pour la France. Avec la retraite à 67 ans, l’abrogation des 35 heures et la préférence nationale dans le logement social.

On peut choisir de ne pas appeler cela un programme présidentiel. Mais ce sont bien des choix politiques.

L’Institut a été créé le 11 avril 2025, puis publié au Journal officiel le 22 avril. Son objet déclaré est de réunir des personnes dans un cadre d’inspiration chrétienne pour proposer des solutions au service du bien commun.

Le manifeste intégral n’est pas public. Bloomberg a consulté une version datée d’avril 2026. Les révélations du Nouvel Obs, à partir de l’enquête La Droite de Dieu, en présentent plusieurs mesures.

Outre le travail et les retraites, elles portent sur la réduction des dépenses publiques, la baisse de l’immigration, la suppression du délit d’entrave à l’IVG et l’arrêt des subventions au Planning familial. Le document remet aussi en cause la construction européenne issue de 1957.

Cette dernière orientation ne suffit pas à affirmer qu’une sortie française de l’Union européenne est prévue. Elle pourrait désigner une transformation profonde du cadre européen. Le mode de rupture n’est pas précisé, comme dans d’autres propositions sur la primauté du droit national.

Regardons surtout ce que ces mesures changeraient.

Repousser la retraite, c’est demander à une partie des salariés de travailler plus longtemps. Supprimer la durée légale de 35 heures, c’est modifier les règles autour desquelles s’organisent le travail et sa rémunération.

Donner la priorité aux Français pour le logement social ne crée pas de logements supplémentaires. Cela change les personnes qui attendront davantage. Les résidents étrangers en subiraient directement les conséquences.

Supprimer le délit d’entrave à l’IVG ne signifie pas interdire l’avortement. Mais cela retire une protection spécifique de son accès. La distinction est importante, sans rendre la mesure anodine.

Un groupe de réflexion a le droit de défendre ces idées. La foi chrétienne n’interdit évidemment pas l’engagement public. Et un document privé ne devient pas une loi : les institutions restent nécessaires.

Ce qui donne une portée particulière à ce projet, ce sont les moyens de son fondateur.

L’environnement économique de Bolloré touche la télévision, la radio, la presse et l’édition. Il conteste toute intervention politique dans ses médias. Posséder ces structures ne prouve pas qu’il dicte chaque émission, mais cela lui donne un pouvoir sur les dirigeants, les moyens et les orientations qui trouvent une audience.

Le parallèle avec Pierre-Édouard Stérin tient aussi à leur participation commune au Sommet des libertés de juin 2025. Stérin finance avec Périclès des projets libéraux-conservateurs et des moyens d’organisation politique.

L’influence ne passe pas nécessairement par une consigne quotidienne. Choisir les sujets, les auteurs et les invités peut déjà modifier ce que l’on entend. C’est une question que l’on retrouve dans le traitement de l’immigration et de l’islam à l’antenne.

Les propositions rapportées dessinent une orientation libérale sur l’économie et conservatrice sur les questions de société. Faute de document intégral, on ne peut pas attribuer personnellement chaque mesure à Bolloré. Mais l’Institut qu’il a créé participe bien à l’élaboration d’un projet pour le pays. Et ce projet concerne notre travail, nos droits et la manière dont nous vivons ensemble.

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